Posté le 27.08.2007 par culturedetente
Ayant découvert, puis apprécié cette artiste, je me suis lancee dans lecriture d'un dossier sur elle
En voici le début, surtout n'hésitez pas à laisser des commentaires pour donner vos impressions...
Niki de Saint Phalle, de son vrai nom Catherine Marie-Agnès de Saint Phalle, naît en 1930 près de Paris. Plus précisément fille d’un banquier français et d’une héritière américaine, elle passe le début de sa vie en entre les Etats-Unis et la France où ses parents possèdent de grandes propriétés. A cause du krach de 1929, son père voit sa fortune et l’affaire familiale disparaître. Elle part définitivement en Amérique lorsqu’à douze ans elle est perturbée par un père incestueux.
Niki commence déjà à lire du Shakespeare, Edgar Allan Poe et de grandes tragédies grecques. Elle est en effet très tôt attirée par le monde artistique et celui du spectacle puisqu’elle participe a des représentations théâtrales et réalise ses premiers écrits vers 1942. Après avoir passé son baccalauréat, elle travaille comme mannequin pour différents magazines.
Mariée très tôt à l’écrivain Harry Matthews, elle aura deux enfants avec lui. C’est à partir ce de moment là que Niki peint ses premières huiles et gouaches. Lorsque revenus à Paris, Matthews poursuit des études musicales, Niki s’inscrit à des cours dramatiques.
Suite à une grave dépression nerveuse Niki est envoyée dans un hôpital psychiatrique de Nice, endroit qui lui deviendra cher. Elle déclare que c’est grâce à la peinture qu’elle s’en est sortie. Elle pense avoir trouvé une thérapie qui lui procurait un bien-être et lui donnait un certain équilibre. Elle décide alors d’arrêter le théâtre pour se consacrer entièrement à la peinture. Elle réalise des premiers tableaux dans la même ville avant de s’orienter vers la sculpture. Elle fait également marché son imagination lors des assemblages qu’elle effectue à l’aide de multiples objets et matières. Au même moment, son mari abandonne la musique pour écrire son premier roman.
Lors de ces années passées avec Matthews, Niki rencontre de nombreuses personnalités telles que le compositeur américain et le musicien de jazz Anthony Bonner, le peintre Hugh Weiss qui lui procurera de bons conseils au cours des années suivantes ou encore des acteurs contemporains.
Après la naissance de leur premier enfant à Majorque, Niki visite l’Espagne et fait la découverte du Parc Guell et de l’œuvre de Gaudi à Barcelone qui la conduira à créer son célèbre Jardin des Tarots. C’est au cours de ces voyages effectués avec son premier mari que Niki effectue un travail de réflexion sur les lieux visités. Elle s’en inspirera dans son futur travail de création.
Tous ces bouleversements et ces rencontres les amèneront à divorcer en 1960. Cependant Niki ne reste pas seule puisqu’elle partagera sa vie avec Jean Tinguely.
A l’époque où Niki est encore avec Henri Matthews, installés dans les Alpes, elle passe son temps à peindre. Ainsi, elle exposera ses peintures à l’huile effectuée en pleine montagne lors de sa première exposition d’avril 1956.
Revenue vivre dans la capitale, Niki se ressource souvent lors de fréquentes visites dans les plus grands musées français tels que le Louvre. Dans de nombreux lieus parisiens parmi lesquels on retrouve le musée d’Art Moderne, elle découvre les œuvres d’artistes français comme Henri Matisse ou Pablo Picasso. Cela lui permet d’être au courant des évolutions artistiques qui lui sont méconnues en France mais aussi de rester stable d’après ses déclarations : « je cherchait une vie intérieure que je ne trouvais que dans le travail », « la peinture devait être ma vraie vie ».
Quelque mois plus tard, lorsqu’elle se lance dans la réalisation de sa première sculpture, elle fait appel à Jean Tinguely, récente connaissance, afin de lui apporter une pièce métallique nécessaire à ses travaux. C’est à partir de là que début une complicité entre les deux personnes. Nous remarquerons qu’ils travaillent ensemble à de nombreuses reprises, partagent le même atelier, entourés d’autres artistes.
Niki enchaîne ses expériences artistiques en sélectionnant des matériaux ; à cette époque elle utilise principalement le plâtre. De la même façon que son premier mari, Tinguely la présente à son entourage. Niki a ainsi l’occasion de rencontrer le directeur du Musée Moderne de Stockholm et a la chance, par le biais de ce dernier, de participer à de grandes expositions nationales ; c’est à cette période que les premières œuvres de la jeune Niki sont appréciées par le public. Cela lui permet déjà de se faire connaître, mais de vivre de sa passion. Plusieurs musées de la région commandent à la plasticienne françaises quelques unes de ses réalisations : c’est en quelque sorte le début de la popularité. Niki se concentre de plus en plus sur son travail.
2.
Tout commence en 1961. Niki de Saint Phalle est invitée à exposer ses assemblages au Musée d’Art Moderne de Paris, lieu très apprécié de la femme. C’est un nouveau style qui débarque : avec « Portrait of my Lover », Niki propose aux visiteurs de lancer des fléchettes sur ses fameux tableaux cibles.
Ce procédé original et amusant remporte un vif succès. Niki poursuit alors son exposition en développant des systèmes similaires. Elle donne l’occasion au public de tirer à la carabine sur un regroupement d’objets de toute sorte fixé à un support à l’aide d’un des matériaux qu’elle préférait à cette époque : le plâtre.
Il s’agissait de faire éclater des poches remplies de peinture de couleur cachés derrière les œuvres. Parfois, mais tout de même assez rarement ces poches contenaient de la nourriture ou des graines. Ainsi, on pouvait constater qu’une fois les réservoirs percés, ils éclaboussaient le relief de leur contenu
Dans ses Tirs elle déclare transmettre des sentiments, la peinture traduit en fait des sensations. Cette forme d’expression reflète la souffrance des gens : ici, elle imagine la peinture saigner à la manière dont les gens peuvent être blessés. Les œuvres sont ainsi colorés en fonction de l’habileté des tireurs.
L’exposition pendant laquelle Niki de Saint Phalle fit découvrir ces performances appelées par la suite « tirs » attira bon nombre de spécialistes dans le milieu de l’art parmi lesquels se trouvaient plusieurs Nouveaux Réalistes.
Fascinés par cette action inaugurale, un de ceux-ci nommé Pierre Restany fait part de son admiration à notre plasticienne française. Après avoir fait connaissance avec l’artiste, il s’aperçut que les caractéristiques du travail de Niki et l’interprétation qu’elle en faisait correspondent tout à fait au mode de pensée de ce groupe dit des Nouveaux Réalistes. Plus tard, il l’invite à se joindre au groupe auquel appartiennent également Arman, César, Gérard Deschamps, François Dufresne, Yves Klein, Jacques Villeglé.
De plus, ce Restany l’aidera à organiser, toujours la même année, sa première exposition personnelle intitulée « Feu à Volonté », ces deux personnages ayant bien sympathisé. Elle tient bien sûr à y rassembler beaucoup de monde. Pour cela, elle n’hésite pas à réutiliser ses « Tirs » sur des tableaux qu’elle a réalisés auparavant.
Des membres du groupe des Nouveaux Réalistes assistent au vernissage et en profitent pour découvrir le reste du travail de Niki. Rauschenberg, un des leurs, enthousiasmé par l’imagination de la jeune femme, achète un « Tir ». Ils se retrouveront lors du Festival des Nouveaux Réalistes qui se tient à Nice. Tous les membres auront la joie de participer à une séance de Tirs. De cette façon, Niki de Saint Phalle commence à se faire reconnaître grâce a l’originalité qu’elle exprime a travers ces œuvres ; ceci en intégrant le cercle des nouveaux réalistes en tant qu’artiste contemporaine.
En acceptant de faire partie du groupe des Nouveaux Réalistes, Niki continue a revendiquer les mêmes idées et techniques artistiques que tous les autres membres du regroupement.
Ce mouvement appelé Nouveau Réalisme a été fondé en 1960 à l’aide d’une déclaration signée par plusieurs personnes, ces dernières désirant se réunir sur la base d’idées communes. Ils proclameront « Nouveau réalisme, nouvelles approches perspectives du réel ».
Comme dans la plupart des œuvres de l’artiste, on retrouve des instruments de musique. Suite à des expériences personnelles négatives, les manipulations d’objets de l’univers musical se font nombreuses. Il réalisa Chopin’s Waterloo lord du vernissage d’une exposition, par la destruction en public d’un piano puis par l’assemblage des éléments sue un panneau.
Le terme Nouveau Réalisme a été forgé par le critique d’art Pierre Restany. Ces signataires au nombre de douze sont des artistes en tout genre.
Il existe en effet un lien entre ces différentes gens. Ils pensent tous que leur travail, bien que quelque fois très différent, même au niveau de l’interprétation, possède comme une méthode qui reflète directement la réalité à travers une simple lecture de l’œuvre. C’est comme un language que chacun introduit dans la réalisation de ses œuvres qui applique directement la vérité. Pierre Restany, le principal fondateur du mouvement définit la chose tel « un recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire ».
Ce cercle fermé des nouveaux réalistes se réfère au mouvement artistique et littéraire né au 19ème siècle qui était basé sur la description d’une réalité quotidienne simple. Cependant c’est une grande nouveauté en France : il est définit comme la représentation d’une nouvelle société urbaine de consommation.
Le mode de représentation de la réalité de l’époque n’est plus le même : on ne décrit plus le phénomène par la création d’une image adéquate banale, mais par la présentation de matériaux que l’artiste a choisi. Pour la plupart il s’agit de matériaux industriels et non de matériaux nobles qui permettent de mieux représenter le monde actuel.
Martial Raysse, Souvent l’été dernier, 1963
Raysse utilise souvent le thème de la baigneuse afin de montrer que le mauvais goût révèle le rêve d’une beauté trop désirée.
Tableau: Crucifixion de Niki de Saint Phalle
Cette femme crucifiée aux bras coupés est à la fois une mère comme l’indiquent les jouets qu’elle porte sur sa poitrine ou bien une personne âgée et démodée avec ses bigoudis dans les cheveux ou encore une femme vulgaire avec ses jambes écartées. Cela nous laisse croire que Niki a voulu montrer ici l’image d’une femme martyre. Le coté sombre de l’œuvre est contrasté par les tissus colorés qui font allusion à la gaieté et à une mannequin. Cet ensemble superpose donc plusieurs idées : la sensibilité et l’apprêt des femmes ajoutés à leur tempérament agressif.
Peu à peu, ces artistes modernes vont essayer de travailler ensemble pour répandre et essayer de prouver au monde extérieur que le Nouveau Réalisme n’est pas une idée qui vient de surgir de nulle part mais une prise de conscience qui a un sens.
Par leur travail collectif, ils organisent de grandes expositions surtout jusqu’en 1963. Celles-ci se déroulent d’abord à Paris puis ensuite ils font découvrir leurs œuvres en Amérique. Cela ne signifie pourtant pas que le Nouveau Réalisme a disparu mais chacun des artistes doit reprendre son travail personnel. C’est en 1970 que la deuxième grande manifestation est élaboré puisque c’est l’année du dixième anniversaire du groupe.
Contemporain du pop Art, il est présenté comme la transposition européenne. Malgré tout, les membres du mouvement ont su défendre et préserver le Nouveau Réalisme face au soutien apporté au pop art et à l’émergence de cet art américain.
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